Mon petit Baptistou, 

tu n'étais plus si petit en réalité mais pour moi si tu l'es. Cette petite bouille de filou, ce rire... différent de celui de ta Maman, mais tout aussi communicatif. Ce sont cette bouille et ce rire qui resteront dans mon cœur de Tata, brisé mais rempli d'amour. Je vais tâcher de le réparer grâce à cet amour que je te porte et l'immense joie de vivre que tu avais en toi.

​Le jour de cette photo (ton style de chaussures comme le mien, laissaient clairement à désirer) je partais pour 6 mois de voyage solitaire, tu atteignais à peine mon sac à dos et tu t'en amusais. Tu avais un peu plus de 3 ans. Je partais pour une grande aventure pleine d'inconnu. Mais tu sais, si j'ai été capable de partir c'est uniquement parce que j'avais des racines solides, vous, ma famille. Je savais que les liens tissés ne se briseraient pas avec la distance et le temps.

​Mais plus encore, ce sont ces liens qui m'ont donné des ailes. Tu mets aujourd'hui de la distance et du temps entre nous, Filou, mais rien n'y fait, le lien restera. Être Tata... Je n'étais pas encore Maman, c'était le rôle de ma vie Baptistou, et ça l'est encore plus aujourd'hui.

​Tu te moquais un peu, je suis la Tata toujours angoissée qu'il vous arrive quelque chose, me voilà tétanisée devant ma plus grande peur qui se présente. J'aime tellement tes parents que je vais réussir à me relever et faire de ton départ une force. Mon intime conviction est que je vais continuer à être ta tata, simplement d'une autre façon. Je ne peux pas te dire "au revoir" c'est trop difficile, je te dis "à demain" Baptistou car mon premier regard le matin se pose sur les sommets.

​Je t'aime. 

Tata.